A la Martinique se couchent les soleils du monde


J’ai en mémoire saisi tes essences de couleurs
Je les hume avec intensité,des parfums me montent au visage,
Liqueurs de métamorphose ou s’enfonce le jour,
La pâte gicle des tubes,scintille
Parmi les éclats des fondamentales.
Rouge ton soleil,enchevétré de nuages incandescents.
Quelque chose imerge partout et nulle part,
Entre le plein et le vide ,l’être et le reflet .
Miroir astral où l’astre plonge son mufle sanguinaire,
Balayant le jour sous le tapis de l’océan.
Pourpre l’horizon,une ombre voile glisse dans les oriflames,
Comme pour dénoncer tes rougeoles d’apocalypse.
Vin crépusculaire sous ton ciel qui se fige,
Les funérailles de ta beauté rayonnent
Dans le batement des derniers mansfenils.
Le quartz des sables pivotent au clin de lune,
Des parfums descendent des étoiles,
Cristalisant le manteau de cette escalade nocturne,
Dans une transparente noirceur,clouée d’astres.
Le miroitement des complémentaires s’éteint,
J’accepte la destruction,le naufrage des nuées.
La masse flamboyante lézarde ,plus sombre,
Serpente vers tes ravines,jusqu’au noyau du flot,
S’engouffrant,silencieuse,dans l’entonnoir de la nuit.
Alchimiste,Je cimente la mosaïque des apparences,
Noir de mars à la pointe d’une martre,
Comme un aileron sur la vague,
Je signe……